La boue de nos coeurs

 
Des objectifs, il n’y en a pas. Il n’y a pas non plus d’unité à atteindre, d’organisation à construire. Il n’y a que la vie étouffée qui se révolte contre son étouffement. La rivière incendiaire de nos jours meilleurs qui noit à son tour nos tentatives d’être un autre. Et dans l’apaisement de nos rencontres avec la mort, il reste des voeux portés par l’inquiétude de nos peurs. Le renvoi des évidences aux chaleurs nocturnes des aveux malveillants suspecte les arrières manganèses de ces édifices malpropres. Que veulent-ils ces yeux fous qui me portent dans la main? Qu’est-ce qui reste de ces heures de nos vies entre deux? Moi je ne sais plus que penser de ces êtres en calvaire. Adieu vieux rêves d’or, l’attentat de mes bras contre le ciel minimise ce qui pense et ce qui doit. Retarder n’est pas gagner. Mentrager remonte dans l’extérieur de mes houlpes d’écantriche. A jamais me voilà connaissant déjà mieux ce chemin dans la boue de nos coeurs.

mai 2009
 


image Vincent Vibrac