Le ciment vert est un affront


Il y a tant d'incertitude que le corps en branle. Et puis il y a les choix, les sauts dans le vide, les décisions en partie aléatoires formant les bases de nos projections libérantes.

 

 

Brûlez-moi les yeux de vos sarcasmes injustifiés pour que je cesse de voir l'arrogance de vos désirs. Vous qui pensez malade, ne saisissez-vous pas la meurtrissure que nos voiles décabrent ?

 

Dimanche de plâtre, quand les censeurs ont tout compris. L'évidence des hirondelles survole nos coeurs en bouillie. Peut-on vraiment penser quand la potence nous étreint ? Des jaunes chromés pour étincer l'image retire le seuil des planches à dos. L'espace plat des prothèses décisives est comme un crâne casqué d'essais mal désirés.

 

Il faut s'emparer du mouvement révolutionnaire, en faire une affaire personnelle pour rejoindre les révolutions nécessaires. Regardez autour, elles sont bien là pour nous enlever de ce marasme. La bataille continue et nous avec.

 

Le bleu du ciel n'est que le regard des autres dans nos plaies bondées. La motocyclette de la vie chamboule les retards amusés. Tout ça revient à dire que les déchets ont toujours tort et que nos larmes finiront pas éteindre les brûlots de nos coeurs.

 

Les images fortes diluent la puissance des cadavres au pouvoir. Elles viennent confirmer nos actes atomiques de désobéissance catastrophiques. Il n'y a que le pluriel qui vaille. Le reste survit tant bien que mal avant de se dissoudre dans l'arborite du vent moqueur.

 

Les assoiffés reviennent toujours pour cultiver l'errance des solitudes. Je ne suis jamais perdu quand l'escalier des anges sussurent un oratorio siphonnant. Et les images de la culture arborent une peste aimable qui repousse la joie du meurtre.

 

Que ça cogne dans l'esprit, que ça pousse dans nos cris. Voilà la raison d'être des achalands moroses. La grogne dévisse et parle. Elle s'installe au bonheur des fous.

 

Une heure à tuer et tout s'écroule de nos désirs incertains qui explosent dans l'espace du scandale. La poésie nous sauve des hercules mécréants. Elle panse et ouvre les plaies et les s'il vous plaît. Elle craint le prix des transes sans construire les attitudes des pansements.

 

Un bilan honteux des circulatoires de rêves. Et la foire des clients nauséabonds attend son tour de garde. Pourquoi tremper nos assauts d'ivresse dans le chantage des obligés ? J'en tremble d'habitude tellement c'est vorace. Quelle cannelle domine l'air du temps d'estragon ?

 

À trop penser les pas, les reculs s'échelonnent. Ils disparaissent et se renvoient comme ères du temps. Le ciment vert est un affront à la volonté de vivre. Qu'il craque et fende pour que l'amertume surisse et meure.

Août 2012