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coming soon to a cinema near you

 
Nos poètes et nos poétesses sont-ils sérieux ? Ils se montrent sur des vidéos en train de parler. C
e ne sont pas des cinéastes qui savent capturer visuellement ce qu'il ressentent. Adams, le célèbre photographe américain, le disait lui aussi: "ce que je photographie, c'est exactement ce que je ressens." Apparemment, c'est depuis le temps des impressionistes que les Occidentaux d'Europe et d'Amérique du Nord, reconnaissent que les oeuvres artistiques sont l'expression d'une sensibilité humaine, des émotions d'un individu (et donc en partie d'une collectivité). Le producteur ou productrice de l'oeuvre place dans l'oeuvre ce qui existe en elle, en lui. Marx n'aurait pas dit différemment. Dans ses Thèses sur Feurbach (1845), il écrivait que la pratique humaine "subjective", c'est-à-dire faite par des humains, est la matière, est la réalité sensible. Desgents a tort de limiter le monde à son corps, non pas parce que c'est évidemment assez limité, mais aussi parce que le corps dont il parle, en tout cas dans ce qu'il a de matière créatrice, de pensées et d'émotions est aussi largement partagé, collectif, bref social.

 

Gauvreau en proposant l'exploréen, avait compris qu'il fallait inventer des nouveaux mots. Ce sont les foules qui popularisent et permettent la reconnaissance durable (officielle) des mots, ce sont elles qui les imposent. N'appartient-il pas aux poètes des deux sexes et des cinq continents d'essayer de produire quelque chose de neuf, d'inédit? Ou sont les tentatives des poètes de créer des mots nouveaux?

Ils pensent créer des "images" par de nouvelles associations de mots, mais quand aurons-nous des mots qui sont eux-mêmes nouveaux?

 

Nos poètes ont tendance à gosser et à se montrer.

 

En l'absence d'inspiration créatrice, il faut écrire sur l'art et la vie, sur les tâches à venir, sur les obstacles à surmonter. Il faut garder vivant l'esprit qui lutte, qui cherche et qui refuse. Dans n'importe quel mélange et dans n'importe quel ordre d'apparition, la position du refus et la recherche du nouveau nous maintiennent sur le qui-vive, nous porte à grandir et nous empêchent de suffoquer. Nous savons d'expérience qu'une étincelle ne fait pas le printemps, pourtant elle peut commencer à faire fondre l'hiver, cet hiver de force qui a. il ne faut pas l'oublier, aussi aiguisé nos résistances. Il faut maintenant achever la destruction, ou à tout le moins la poursuivre, et commencer à faire émerger les nouveautés positives.      (printemps 2010)

 

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From EXPERIENCE to EXPERIMENTATION

When we stop referring to experience, we have a chance to create something new and we need to experiment to get that, to get there.

 

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Explosion des ornières par la destruction des murailles.

 

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D'où j'écris, de Londres, c'est la grande pagaille dans la classe dominante. Après les élections, aucun des partis n'a obtenu la majorité pour gouverner (la majorité parlementaire s'entend, la majorité réelle c'est autre chose).

   Les partis ne sont pas seulement séparés entre eux, mais ils le sont surtout en leur sein. Alors que se discutent les alliances, tous les grands partis sont en train de se diviser, parce qu'ils ne s'entendent pas sur le type d'alliances à réaliser. Et c'est là que ça devient intéressant.

   On assiste à des surprenants développements. Rien n'est joué et tout peut arriver. C'est à nous d'utiliser ce désordre.

   Là réside une de nos unités : dans notre désir de les confondre et de neutraliser ce qui, en nous, leur ressemble trop.        10 mai 2010