ton monde si énorme

Le temps m’échappe encore et court les rues. À sa recherche, je le rattrape, mais il m’échappe à nouveau.

 

De la douceur de tes gestes, de ma solitude en train de vouloir, je résonne dans ton chant et tu me prends d’amour. Es-tu pourtant assez lointaine pour me dire à grands cris que le jour d’être à nous menace de nous faire sursauter ?

 

Et dans l’instant où je m’épuise, qui a-t-il à considérer ? Est-ce la chambre qui nous rapetisse ? Est-ce le rang dans nos nuits agitées ?

 

Peut-être le sais-tu plus que je n’ose te mentir.

 

Y-a-t’il des fois, seulement des fois, où tu me ferais élancer la charmante alimentation de nos coeurs qui s’écroulent.

 

Mais le soleil de ton dos surprend mon oeil d’un regard qu’il refuse. Il va sans dire que la peur s’évanouit de mes tempes.

 

Dans l'évanescence du sourire de ton corps, il pleut des ampoules d’hôpital comme des miracles à rebours.

 

J’écris sans savoir et même si tu me téléphones après neuf heures, il me restera encore un souffle pour jeter dans ton être un espoir de demeurer en colère.

 

Car ce n’est pas ta langue qui me récompense, c’est ton monde si énorme que je pense à l’alarme de tes doigts qui fredonnent un pansement sur les arbres éconduits. 

 

Tel est la suite qui se termine si peu que sans me le dire, le jour s’approche et descend dans mes arrières langueurs, comme si c’était assez, comme si on l'avait déjà revu et qu’on n’en pouvait plus.

 

Promets-moi, dis-le lui, crois-en mon cercle d’amis. Tu ne pourras pas mieux avancer.

 

C’est un prix qu’il faut prévoir, une sorte d’escalade à flanc de ta route en circuit si courbée que ton être en veut plus comme moi je le peux avant toi.